| Les religions minoritaires en Chine |
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| Écrit par Aline Sombat | |
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En Chine, chaque minorité ethnique possède sa propre religion. Certaines d’entre-elles ont disparues telles que le Manichéisme. Néanmoins, elles y ont laissé des traces dans les religions chinoises contemporaines. En effet, une recherche de l'Académie des sciences sociales sur le taoïsme dans le Fujian a mis en évidence des restes d'influence manichéiste.
Le manichéisme est une religion dualiste fondée par le prophète Mani au IIIe siècle, et qui s'est répandue dans toute l'Asie Centrale ainsi qu'en Chine. À l'époque Tang, le manichéisme occupe, contre toute attente, une place prépondérante lorsque les Ouighours l'adoptent sous le règne du khan Alp Kutlugh (780/789). Mais en 840, les Ouighours sont repoussés de Mongolie et, après s'être installés en Dzoungarie et au Tarim, ils abandonnent le manichéisme au profit du bouddhisme local et du nestorianisme. Après avoir atteint son zénith au Xe siècle, le manichéisme est finalement anéanti et supplanté par le raz-de-marée musulman, alors qu'un peu plus à l'est, il est remplacé par le bouddhisme. Le Christianisme nestorien Au début du Ve siècle, l'Empire byzantin est secoué par des querelles théologiques sur la nature, divine et/ou humaine, du Christ. L'évêque Nestorius de Constantinople, tenant de l'école qui mettait l'accent sur la nature humaine du Christ, affirme par conséquence que la Vierge ne peut pas être la Mère de Dieu. Nestorius est emprisonné ; ses thèses sont condamnées et rejetées dans l'Empire byzantin (mais deviennent en revanche majoritaires parmi les chrétiens de l'Empire perse, rival de l'Empire byzantin).
L'Église d'Orient (c'est son nom officiel ; ce sont les Occidentaux qui inventeront le terme de "christianisme nestorien"), bien que bannie de l'Empire byzantin pour hérésie, se développe en Perse et au-delà : les marchands-missionnaires l'emportent avec eux tout au long de la Route de la soie et jusqu'en Chine. Les siècles suivants (VIIIe et IXe siècles) voient l'Église d'Orient faire une incroyable percée en Asie centrale, en Chine, au Tibet et en Inde, pays où elle rivalise avec le bouddhisme, le confucianisme, le chamanisme, l'hindouisme et le manichéisme. Après la conquête musulmane de la Perse, les nestoriens seront les grands traducteurs des textes de l'Antiquité en arabe. En Chine, les persécutions du IXe siècle contre les "religions étrangères" portent un coup fatal au christianisme nestorien ; cependant l'Église d'Orient remporte un véritable succès auprès des Ouighours et, dans une moindre mesure, des Mongols. De nombreuses églises, mentionnées par Marco Polo, sont bâties dans les oasis d'Asie centrale. C'est ainsi que le nestorianisme reviendra en Chine avec les peuples nomades des steppes. Au XIIe siècle, il y a en Chine deux archevêchés (à Xi'an et à Pékin), qui dépendent du patriarche de Bagdad. En 1289, en Chine, le nombre de chrétiens nestoriens est si important qu'il faut établir une agence particulière en vue de les superviser. Cependant, au XIVe siècle, la chute de la dynastie mongole des Yuan et l'établissement de la dynastie chinoise des Ming suscitent de nouveau une forte hostilité vis-à-vis des "religions étrangères". Cette fois-ci, le nestorianisme chinois ne s'en remettra pas. Si certains fidèles se tournent vers le bouddhisme, la plupart deviendront musulmans, à cause de la proximité entre ces deux religions (monothéisme, Christ considéré comme humain et non divin). Une des caractéristiques du nestorianisme était le refus du célibat des prêtres, au point même que les prêtres de l'Église d'Orient (y compris les évêques) avaient obligation de se marier.
Le tantrisme (mijiao en chinois) est un courant ésotérique du bouddhisme tardif. Apparu en Inde, et influencé par l'hindouisme, il est introduit en Chine dans la seconde moitié du VIIIe siècle par le moine Bukong. Le bouddhisme tantrique considère que l'Éveil peut être atteint par des pratiques magiques ou sexuelles ésotériques. Il connaît une vogue passagère à la cour des Tang, puis disparaît de Chine, mais passe au Tibet où il joue un rôle déterminant dans la formation du lamaïsme. Le lamaïsme est le nom donné (par les Occidentaux) au bouddhisme tibétain tant il paraît comme une religion à part entière, avec ses substrats multiples (chan, tantrisme, chamanisme, nestorianisme), ses rituels magico-religieux, et ses moines influents.
Les Juifs chinois seraient originaires de Perse, et se seraient installés en Chine, et en particulier à Kaifeng, aux époques Tang et Song. Comme dans les cas du bouddhisme, de l'islam et du nestorianisme, c'est une fois de plus la Route de la soie qui a permis à une religion étrangère de s'implanter en Chine. De nombreuses traces écrites témoignent d'une communauté très vivante du IXe au XIIIe siècles. Les Yuan protègent les Juifs comme ils protègent, de manière générale, les religions non-chinoises. À l'époque Yuan, les fêtes juives étaient reconnues, tout comme les fêtes musulmanes. À partir de l'époque Ming, les Juifs de Chine perdent le contact avec leurs coreligionnaires de Perse ou d'Asie centrale. La fermeture de la Route de la soie appauvrit la communauté. Les Juifs se tournent vers l'accession à des responsabilités importantes dans l'administration chinoise, conditionnée par la réussite à des examens destinés à évaluer la maîtrise de la connaissance des textes de Confucius. Cette connaissance exigeait des études fort longues, faites au détriment des études juives. Peu à peu, les Juifs qui réussissent leurs examens deviennent confucianistes, les autres se convertissent à l'islam ou à la religion syncrétique. Les Juifs chinois appellent les musulmans sanjiao ("trois religions") car ils considèrent que l'islam est un mélange de judaïsme, de nestorianisme et de bouddhisme. Bien évidemment, un musulman chinois qui s'entendrait apostropher de la sorte deviendrait furieux ! Les Han appellent indistinctement "Huihui" les Juifs. Après cette brève description de toutes les religions présentes en Chine, nous pouvons constater de la diversité religieuse. |
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